Les fils de dignitaires qui désertent les paroisses.


Le 3 décembre 2017 à 0:55, par Pierre Ndjom

Signaler cet article

Témoignage d’un jeune de dix-huit ans : « je ne voudrais pas être comme mon père ». Ah bon ! Et pourquoi donc ?

D’un autre côté, le père se dit : avec ses paroissiens qui bavardent trop, leurs langues fourchues comme des serpents, mes enfants vont encore savoir comment j’humilie leur mère en public.

On se pose souvent la question de savoir pourquoi certains enfants de dignitaires désertent les paroisses. On pourrait aussi se poser une autre question : les dignitaires eux-mêmes, veulent-ils que leurs enfants restent dans l’Eglise ?

Un proverbe dit : « ne te trompe pas en pensant informer un ministre sur la situation du pays. Il la connaît très bien, et mieux que toi. C’est pour cela que ses enfants sont quasi tous à l’étranger et sa femme ne fait jamais un long séjour dans le pays ».

Celui qui occupe une fonction-clé dans la paroisse maitrise bien l’atmosphère qui y règne. Il analyse et se dit : même si je prêche que Dieu est puissant dans cette Eglise, il est préférable pour mes enfants qu’ils vivent loin de la congrégation car le péché que je vois, et que peut-être je pratique, ne me plaît pas. Quand je vois les hérésies, l’abandon d’une génération à ses propres penchants… étant intelligent, j’éloignerai mes enfants de tout cela. Où, je veillerai à ce qu’ils soient toujours très proches de moi. Ou encore, quand je vais vouloir jouer au docteur, on me demandera pourquoi je n'exerce pas ce beau don avec mes enfants tant ce qu'ils disent est incohérent.

L’enfant, chaque fois qu’il arrive à la paroisse (et même avant avec les réseaux sociaux) a encore des nouvelles fraîches. « Ton père a insulté le Chargé », « Ton père et un autre dignitaire se disputent la jeune choriste que toi-même tu cherchais… ». La mère, elle-même est dépassée depuis fort longtemps. La fille qu'elle a accueilli est devenue sa rivale. Elle regarde… Et quand le fils dit à son père : « Papa, je ne viendrai plus à la paroisse » ou « J’irai prier dans une autre paroisse ». C’est un « ouf » de soulagement. Mais il faut garder les apparences : « Je respecte ta décision » dit-il à son fils.

Le péché n’arrange personne, ni celui qui pèche ni sa propre famille. Mais le problème est que certains sont « esclaves » du péché. Ils voient les hommes vertueux, au départ, ils les admirent puis, ils les calomnient, les méprisent et les haïssent. Caïn n’avait pas d’autres choix que de tuer son frère Abel. Saül n’avait pas d’autres choix que de chercher à tuer David. Le peuple n’avait pas d’autres choix que de chercher à tuer leurs prophètes... le mystère de l’iniquité dans le cœur de l’homme.

Frère Pierre
La Postérité de Daniel

Laissez un commentaire